Archives de Catégorie: Quand je prends la plume…

La plume, le terreau et le temps qui passe.

A la base, je voulais vous parler d’un de mes coups de coeur de ces derniers temps question bulle… mais des fois, la plume est lancée et on ne sait pas vraiment où elle part.

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Keuwaaaa ? Un article sur un livre, ici ?

Oh c’est bon, ne vous étonnez pas hein. Déjà ça finira par revenir… C’est pas parce que je ne vous en parle pas que j’ai arrêté de lire. Loin de là, vous vous en doutez. Mais bon… il y a eu comme qui dirait une période à vide par ici que j’essaye de combler depuis quelques jours. J’aurais tendance à dire ( me cacher derrière? ) que mon rythme aléatoire  n’y est pas pour rien.

Je ne sais pas si je suis quelqu’un de très organisée mais ce que je sais, c’est que je ne supporte pas l’inactivité. J’ai toujours envie de faire plein de choses et d’en découvrir d’autres. Je peux donc devenir très organisée pour faire rentrer un max de choses dans ma journée. Ne pas voir du temps que je pourrais allouer à mes loisirs, disparaître derrière la fatigue ou encore la procrastination. C’est parfois efficace et parfois… un peu stressant.

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Mais il y a des choses plus facile que d’autre à caler dans n’importe quel emploi du temps. Le crochet ! Ça c’est bien le crochet. En voiture, en métro, hop deux mailles debout dans le bus ou à la pause dej’. Ça se fait très bien partout.  La lecture aussi. Deux ou trois lignes aux toilettes (Oui je lis dans les toilettes depuis toujours et je suis pas prête d’arrêter croyez moi ! ), un manga dans mon bain, quelques pages avant de dormir. Même les yeux mi-clos dans le métro ! Je lirais en faisant des longueur à la piscine si c’était possible :p

Par contre, j’ai besoin de beaucoup de temps pour écrire. Et de calme. Et de bien être aussi. Je ne peux pas écrire quelques mots entre deux métros ou encore en patientant quelqu’un.  J’adorerais prendre en note certaines de mes pensée et les retravailler une fois chez moi. Mais je n’y arrive vraiment pas. Je n’écris pas quand je ne vais pas bien non plus.

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Écrire me prend toujours un temps considérable et me demande de la concentration. Il y a aussi une sorte de douleur à le faire. Il n’y a qu’une façon pour moi d’écrire quelque chose : me forcer à rester devant la page blanche. M’installer confortablement, ne pas avoir d’excuse pour me relever – cela entend avoir fait un peu de ménage avant, faire tourner une machine et un lave-vaisselle et avoir déjà auprès de moi une tasse de thé fumante – et assumer le fait que durant une ou deux heures, je serais concentrée sur cette page blanche. Parfois,  j’arrive à produire exactement ce que j’avais en tête. D’autres fois, comme aujourd’hui, ce sont des pensées issus de nul part que je laisse couler. Je ne sais pas trop ce qui est le mieux pour ceux qui passerait par ici, mais je sais que se sont ces derniers articles qui sont le mieux pour moi.

Avant tout, avant l’idée de partage, les blogs sont des sortes de journaux de vie. Plus jeune, et totalement perdue, je tenais une sorte de journal intime sous forme de lettre. Je crois que je n’ai jamais réussi à en tenir un qui n’est pas de véritable destinataire. Le « Très Cher Journal » ne m’a jamais satisfaite. J’ai toujours préféré m’adresser à des gens. Je crois que c’est ce que je fais ici, avec plus de discrétion et de retenu évidement, en m’adressant à un public qui finalement m’importe autant qu’il m’indiffère. Ne vous y trompez pas, j’adore savoir qui me lit et j’aime les petits messages que l’on me laisse ici. Je découvre toujours  avec beaucoup de joie les gens qui ont lu ces quelques mots que je laisse ici. Mais même si personne ne passait, je continuerais à écrire cette matière première, ce terreau de mes futurs créations, ce témoignage du temps qui passe si vite.

 

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A la faveur de ma plume: METRO.

 

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6H50. Le ciel est encore sombre. Mon souffle gelé forme de petits nuages à chacune de mes respirations. J’enfile mon énorme blouson vert pomme et patiente. Bientôt, le camion apparaît au coin de la rue. Les deux occupants en descendent. L’un me salut d’un geste de la tête et commence à balancer les piles de journaux sur le trottoir. « Ta casquette ! » me lance le second en sortant son appareil pour la photo de vérification journalière. J’enfonce l’immonde couvre-chef sur ma tête et range les énormes piles de journaux dans le présentoir du même vert improbable que mon ensemble. « La personne qui bossait avant toi vendait dix paquets de plus que toi, tu sais ! Tu dois mal t’y prendre. Je t’en laisse deux de plus qu’hier. A demain.» Les deux hommes remontent dans le camion. Dix piles de plus, je ne vois pas comment. Le nombre de personne passant à cette bouche de métro ne change pas en fonction de qui distribue les journaux. Mais il ne fait pas bon de se torturer les méninges avec le nombre de journaux vendus. Ici ce sont les muscles qui s’activent. Une pile à chaque bout de bras, je traverse la rue pour les emporter à l’entrée principale du métro. Au bout de quelques allées-retour, les liens me scient les mains même au travers de mes gants. Moi qui ne suis pas amatrice d’exercices matinaux, j’en ai plus que pour mon compte. 7H10, quelques personnes parcours la rue. Certains me saluent timidement, d’autre attrape un journal de mon stock sans un mot.
Le dernier paquet déposé, mes complices arrivent à leur tour : une jeune fille robuste étudiant le japonais dans la même fac que moi habillée tout de rouge et un grand type maigre flanqué d’un parasol bleu ici depuis des années. Nous avons chacun notre place. Le bleu d’un coté, le rouge et le vert de l’autre. Jamais cela ne changera, tant que l’un de nous trois sera encore là. J’arrive bien avant eux, mais il serait vraiment mal vu que j’emprunte leur emplacement… je ne voudrais pas déclencher une guerre colorée. Les menus travaux répondent à des règles qu’eux seuls comprennent.
Nous sourions, nous parlons un peu, nous haranguons la foule et inventons des slogans pour nos journaux respectifs. Nous cherchons à rendre la tache plus légère dans ce froid hivernal. Nous avons nos réguliers. L’infirmier qui prend pour ses patients, le patron de bistrot qui en dépose au coin de son comptoir, celui qui en embrasse deux piles pour le refuge sdf deux rues plus loin et le collègue de bureau qui fournit tout l’open-space.

7H45, les gens défilent. Échanger deux mots est impossible. La foule est compacte et pressée. Certains sourient, d’autres nous salut et nous remercie. Chaque petite attention réchauffe un peu. Nous distribuons un maximums de journaux aux mains qui se tendent, nous sommes tous trois concentrés sur notre tache. Il faut que tout parte le plus rapidement possible. Mais dans ce silence bruyant, je cherche. Des personnes inconnus mais dont le visage secrètement me rassure. Voici « Mickey les yeux bleux », il est très beau avec des cheveux blonds et de grands yeux turquoises. Il nous remercie et ses yeux pétillent… Pas longtemps après « Loïs Lane » s’engouffre dans la noire bouche de metro en ayant pris soin d’attraper mon journal avec un sourire timide. Son petit carré, ses tenues élégantes et ses jolies jambes me rappellent Terry Hatcher. Keanu Reeves fait son apparition. Costume propret et rasé de prêt, il n’a évidement qu’une vague ressemblance avec l’acteur. Madame poncho nous salut d’un bonjour tonitruant ! Aujourd’hui elle porte une large pièce de laine fuchsia ornée de grosses fleurs. Cheveux rouges, lunettes rouge, chaussures rouge. Une vague survitaminée traverse la foule monochrome. « Bonne journée à demain ! ». Le professeur d’histoire, dont les cheveux blancs et la petite moustache le font ressembler à Einstein, est lui aussi très pressé « Bonjour bonjour ! Vite le journal, je ne voudrais pas rater mon bus !Avez vous lu hier l’article sur Henri IV ? Passionnant, passionnant ! » Et le voilà déjà reparti.

8H30, le calme est un peu revenu même si le monde continue à tranquillement affluer. C’est l’heure des joyeux retraités. Mais aujourd’hui, il n’y a que le petit grand père à casquette : « Bonjour Monsieur ! » « Bonjour ma petite dame ! Ce matin je vous en prends un de plus, mon voisin Jacques ne viendra pas. Je vais le lui amener. » « Je vous en mets 5 alors ! » « Vous vous souvenez, vous êtes si gentilles ». En début de semaine, Jacques se levait encore et l’accompagnait. Il marchait doucement mais il marchait. Nous ne le reverrons peut être plus. Le monsieur repart avec ses journaux. Ils restent encore des gens qui pensent à leurs voisins. Ils restent encore de véritables voisins.
Viennent ensuite le grand homme noir, qui est pauvrement vêtu et tremble de froid. Il prend un journal et descend dans le metro pour remonter un peu plus tard. Il ne le prend jamais de train, il se réchauffe juste un peu. Il ne parle pas, ne nous regarde pas et compte chaque marche. Sa descente est une lente danse hésitante. Il y a cette dame d’une soixantaine d’année, fardée à en faire rougir un paon, qui parle toute seule et qui un jour me confie être une grande journaliste et un autre faire parti d’une quelconque ambassade. Elle transporte sa maison avec elle, un petit diable ou elle fourre chaque jour de nouveaux journaux, et part comme elle est venue en décrétant qu’elle est forte occupée. Julien est un jeune handicapé qui, la trentaine à peine passée, vit avec sa mère. Il vient également tous les jours. Il nous dit bonjour, nous demande de nos nouvelles et nous raconte le programme de sa journée. Il travaille dans une cantine. Il voudrait que nous venions manger chez lui « Un jour peut être ! » lui disons nous. Nous lui serrons la main avant qu’il ne reparte, le sourire aux lèvres. Une poignée de main et « un peut être », c’est peu cher payé pour un sourire.
Voilà que débarque Serge. Il vit au foyer des sans domiciles du coin mais « C’est un choix ! », il est marié mais enlève son alliance « pour aller à Pigalle ». Serge veut toujours nous aider à distribuer les journaux « C’est bien normal. » et en profite pour se faufiler entre nous… et nous fait les poches. Nous ne gardons évidement rien dedans, nous savons bien. Mais nous ne disons rien, c’est notre choix.

Il est bientôt 9h00 et il ne reste plus grands choses. Un employé du foyer accourt avec son diable « Il vous en reste ? J’ai eu peur de vous manquer. » Il m’en prend toute une pile. Il me remercie et repart avec son trésors pour ceux qui ne se sont pas déplacés. Mon dernier habitué arrive aussi, un petit grand père qui, il fut un temps, devait être un sacré titi parisien. « Je vous ai mis les 12 de coté, ce sont les derniers » « Merci mademoiselle vous êtes charmantes ! Que ferais je sans vous ! ». De l’autre coté de la rue, je vois le camions s’arrêter et le conducteur récupérer l’abri vert et les journaux restant. Il est temps pour moi de filer à la fac. Je salue mes compagnons de distribution et saute dans le bus, c’est le début de ma journée.

 Je n’ai pas tenu le coup. Il a neigé de janvier à mars et je ressors de l’expérience fatiguée. Au bout de trois mois, mon semestre à la fac tire la langue… Je démissionne. Je recroise souvent mes petits habitués dans le quartier, mais eux ne me croisent plus. Parfois, j’ai le sentiment d’être un voyeur… d’avoir des informations sur eux alors qu’ils ne savent rien de moi. Sans mon accoutrement vert, je ne suis plus qu’un civil parmi tant d’autre. Moi qui ai partagé leur vie pendant trois mois, je suis redevenue une inconnue.

Un matin, en prenant le bus, je vais voir mes anciens compagnons. La vie va, les journaux s’en vont. Je salue mon remplaçant. Il me regarde avec admiration « Il paraît que tu distribuais au moins dix piles de plus que moi ! Tu faisais du bon boulot ! » Je souris et lui souhaite bon courage. Il partira vite lui aussi. Les menus travaux ont leurs règles qu’eux seuls comprennent.

Un exercice 15 à choix multiple pour Diderophilement écrit. J’ai choisi «  micro moment de vie dans le metro (sujet 4) » que j’ai un peu transformé: le metro n’est finalement pas celui que l’on croit.Un texte autobiographique avec des vrais morceaux de gens dedans. J’ai changé les prénoms mais les expériences sont vrais et encore… je ne vous dis pas tout.

Vous pouvez retrouver les écrits sur différents thèmes de:

Anthony.
Jessie.
Emilie.

 

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Chats…

 

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Tara et Crampon.


Parce qu’on ne les a pas toujours choisi mais qu’eux n’ont vraiment pas choisi d’être ici. Parce qu’on dort encore tous les quatre sous prétexte qu’il fait froid. Parce qu’on les mangerait bien pour le petit déjeuner quand ils nous réveillent avant l’heure mais qu’ils sont à croquer quand ils viennent faire la sieste sur nos genoux. Parce que certains sont plus discrets que d’autres. Parce que bientôt viendra le beau temps et ses multiples portées. Ces petits chats abandonnés aux abords d’un chantier comme notre Crampon ou  la petite Bluebell. Parce qu’on y tient, beaucoup…

« Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. »
Baudelaire.

 

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Un mois, une photo: mars et son printemps timide.

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Début mars, le soleil se montre. Un samedi matin, nous sommes surpris par quelques rayons. Nous en profitons pour aller boire un thé sur les bancs de Montsouris malgré le froid. Au détour d’un chemin, le printemps fait son entrée, timidement… quelques crocus d’un jaune éblouissant ont pointé le bout de leur nez ! Un peu plus loin c’est une tortue qui sort de sa trève hivernale et se dore au soleil. Pauvre bête, si elle avait su les températures que nous réservait le mois de mars, elle serait restée cachée plus longtemps !

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L’angoisse et le dinosaure en cage.

Je n’aime pas les dimanches.

J’ai toujours l’impression que ce jour me file entre les doigts. Que le temps s’écoule trop vite, que je le laisse s’envoler, le dilapide… Que je le gâche. Arrivée sur les 15h, si je n’ai pas trouvé de quoi occuper ma journée, mon coeur se gonfle d’une émotion incontrôlable. Je me sens lésée, trahie: je n’ai pas bien géré mon temps, il est trop tard pour décider, j’angoisse et je finis par broyer du noir. Incontrôlable vous dis-je… et parfois ingérable pour les gens qui m’entourent. 

Je n’aime pas vraiment les dimanches.

Ce dimanche, quand  a 15h le soleil persistait à me tirer la langue de l’autre coté de la vitre, je me suis prise par la main. 
J’ai demandé à mon coeur de cesser ses caprices et je suis sortie.
 
Mon bus préféré n’attendait que moi: Le 47. 

Le 47 à cette particularité qu’il part du plus profond du Kremlin Bicêtre pour traverser mes quartiers préférés et remonter Paris du sud au nord, comme une fusée de la Terre à la Lune. Quoi de mieux que les étoiles pour chasser le noir. Je me suis arrêtée où j’en ai eu envie, laissant mon angoisse au fil des rues et mon coeur aux commandes. 

Le jardin des plantes s’ouvraient à nous.

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Se rocher n’a t’il pas quelque chose de Saint-Exupérien? On dirait un boa qui aurait avalé son mouton.

Beaucoup de monde en ce jour ensoleillé! 
Comme s’il pouvait être le dernier de la saison. 
Beaucoup de monde aussi car la FIAC c’est installé dans le Jardin :)

Mais ce que mon oeil repère le plus c’est l’Automne qui  nous entoure !

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Lors de ma balade, je rencontre d’autres animaux !

Certains tournent en rond…

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D’autres font la sieste.

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Et d’autres encore prennent leurs quartiers d’hiver.

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Mais c’est cette dernière rencontre qui nous chavire mon coeur et moi…

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« Nous reviendrons te voir !  » je crie à ce grand vertébré.

Pas sur qu’il nous ait entendu derrière sa cage de verre.

Pourtant je ne suis pas la seule à le dire.
Autour de moi, combien de grands disent au plus petits, fatigués par cette belle aventure,
« La semaine prochaine, nous reviendrons. ».

J’ai bien aimé ce dimanche.

* * *

Quand je serais grande, j’apprivoiserais mes angoisses…
Je mettrais leurs squelettes dans de petites cages de papier
et je dirais « voici des dinosaures d’un temps passé. »

*

*

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A la faveur de ma plume: Ta putain de femme sur la grève…

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Aurèle se tenait à l’écart de la petite foule s’impatientant sur le port. De la plage, ils les voyaient piétiner. Beaucoup de femmes et d’enfants, quelques couples, peu d’homme seul. La mer le dévorait des yeux. Assis sur le sable, sa casquette fétiche à la main, il contemplait en retour les reflets de la lune sur les eaux calmes. Il avait l’allure d’un jeune Corto Maltese avec ses boucles brunes, plus longues qu’il ne les avaient jamais eues, dépassant de son couvre chef marin. Il regarda l’heure. Le bateau ne devrait plus tarder à apparaître au loin. Il se dit que cela devait faire des millénaires que chaque soir quelque part, quelqu’un pensait « Il va enfin revenir… » Le bateau ramenait un père, un frère… un enfant. Il lui passait à l’esprit ces chansons criardes où les hommes avaient une femme dans chaque port. Puis celle de cette épouse attendant son bien-aimé qui jamais ne reviendrait. « Quand à la mer il vend son cœur, attend toi à en pleurer ma sœur… »

Le bateau était enfin apparu. Les premiers cris de joie avaient fusé. Certaines silhouettes se baissaient, plus près de petites têtes blondes invisibles, pour désigner les points lumineux sur la sombre étendue. Il revenait enfin. Il savait combien les derniers kilomètres étaient longs. Combien les dernières heures semblaient s’étirer infiniment. Le marin attendait avec impatience l’instant où il toucherait terre. Mais venait bien vite l’envie de repartir. Tout un paradoxe dans lequel Aurèle avait trouvé son équilibre. Mais c’était avant…

Longue avait été l’attente. Le bateau avait fini par accoster. En une seule masse, dont il était à jamais exclu, les familles s’étaient déplacées sur la grève à la rencontre des jeunes gens descendant du navire. Sans vraiment les voir, ils savaient. Les sourires, les embrassades… chacun se retournant vers ses camarades pour un dernier salut, se donnant rendez-vous pour la prochaine fois. Les bonnes nouvelles échangées dès les premiers pas, parfois les mauvaises. Puis la silhouette s’était dégagée du groupe, se mouvant rapidement vers la plage, son bagage à l’épaule. Ils se retrouvaient toujours au même endroit. Alexis lâcha son sac pour serrer Aurèle contre lui. «Tu m’as manqué.» Ils n’avaient pas encore l’habitude de ces départs, de cette séparation sévère et de ces retrouvailles encore amères. Ils avaient longtemps vécu avec pour secrète confidente la mer, vivant dans le même paradoxe qui leur semblait alors si confortable. Elle était leur chaperon, leur amie commune, leur passion… toute leur histoire. Après l’accident d’Aurèle il avait fallu réapprendre à vivre. « Je suis ta putain de femme sur la grève…» « T’es con… ». Il ne pourrait jamais repartir sur le bateau avec son amant… Il n’était plus marin.

Alexis chargea son bagage. Il était beau, blond comme la lune, calme comme les eaux. « Partons. » Aurèle gardait en lui cette rancœur de ne plus pouvoir entrer sur leur terrain de jeu, il le savait. Lui se méprisait de n’avoir rien pu faire ce jour là, d’avoir été le témoin passif de l’accident qui avait fait perdre sa jambe à son jeune compagnon. Aurèle était brun comme les cieux et colérique… comme les eaux… il était beau. Il le regarda marcher. Il s’habituait à cette nouvelle jambe inanimée. « Dire que tu portes même pas mon sac ! » « T’es con … ».    

[Exercice 12] Un exo d’été, un truc léger et frais pour nous faire entrer dans « le bain ». Faire un texte sur une photo ayant pour thème la mer. 

Les plus observateurs auront vu qu’il manque l’exercice 11… les partiels, l’été, la rentrée ont mis du plomb dans l’aile de notre atelier. Mais je reprends le dessus ! Nous allons vite reprendre le rythme. Cette dernière (ou première de l’année) production n’est certainement pas la meilleure que vous puissiez lire ici, mais il me fallait un os à ronger avant d’entamer le  festin. Je l’ai écrit un peu vite, en plusieurs fois et le thème demeure flou… j’assume son coté bancal ^^ 

Retrouvez mes comparses de plume de l’atelier Diderophilement Ecrit dans la catégorie « Les Diderophiles » de mon blog.

Crédit photo: Antoine de Seigle

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Un instant léger comme… une plume…

Alors qu’elle brossait ses longs cheveux comme de coutume…

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… des plumes en tombèrent, parsemant le sol et ses pieds nus…

D’une moment habituel, d’un geste devenu automatique avec le temps, peut naître un instant de poésie…

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