Paris Rive Gauche et la SEMAPA

Je vous parlais récement de ma faculté, de son parc et de  ses canards (ici). Je finissais sur la promesse d’un article concernant le projet Rive Gauche. Je vous livre un travail effectué au sein de mon parcours « Métiers de l’écrit ». En espérant que le projet comme l’article vous intéresse :)

Paris Rive Gauche.

Paris Rive Gauche, c’est le désir d’exister de tout un quartier. Autour des fabuleux bâtiments de la Bibliothèque Nationale de France, un chantier digne de celui opéré par le Général Haussman au XIXème siècle fourmille depuis 1991. Les aménagements se font de la Gare d’Austerlitz au boulevard Masséna, suivent la Seine d’un côté et bordent la rue du Chevaleret de l’autre.

DSCF5604

Dans un premier temps le désir était de faire revivre cette partie du 13ème arrondissement de Paris en lui offrant tous les équipements utiles à la vie quotidienne : logements, bureaux, commerces, services, écoles, universités, équipements publics et culturels. Pour cela une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) est créée.


En 2003 la SEMAPA, responsable du projet, le ré-oriente dans une logique de développement durable. Une politique de « circulation douce » est établie. Une place plus importante est accordée aux espaces verts et les anciens bâtiments faisant partie du patrimoine de la ville sont conservés. En parallèle, les logements sociaux et étudiants prennent le pas sur les bureaux. Une zone commerciale s’établit en privilégiant le commerce de proximité. Les liens avec les autres quartiers (12ème et 5ème) sont renforcés notamment par la prolongation de certaines lignes de bus. Enfin, à coté des bureaux des grands sièges sociaux, une chance est laissée aux plus petits : recherche, artisanat, PME et PMI les ont rejoint.

riveg


Aujourd’hui, Paris Rive Gauche compte 4 000 habitants, 15 000 salariés qui deviendront bientôt 15 000 habitants et 60 000 salariés rejoints par près de 30 000 étudiants, professeurs et chercheurs. Le projet « Paris Rive Gauche » a pour but d’apporter à tous un cadre de vie différent propice au développement de la vie sociale au sein d’espaces verts revitalisant.

Paris Rive Gauche, un projet entre modernité et archaïsme.

« Il est, certes, toujours bien délicat de « touiller » dans les marmites du futur. On peut, cependant, donner quelques indications, rassembler quelques indices, et ce afin d’indiquer des grandes tendances. D’autant que l’on voit revenir, légèrement modifié, ce que l’on avait cru dépassé. Pour être plus précis, il ne s’agit pas là d’un « éternel retour » du même, mais, ainsi que l’indiquait en son temps le philosophe Nicolas de Cuse, d’une croissance prenant la forme de la spirale. Pour le dire plus nettement encore, si une définition provisoire de la postmodernité devait être donnée, ce pourrait être : « la synergie de phénomènes archaïques et du développement technologique ». C’est ainsi que, pour reprendre les grands thèmes explicatifs de la modernité : État – nation, institution, système idéologique, on peut constater, pour ce qui concerne la postmodernité, le retour au local, l’importance de la tribu et le bricolage mythologique. » Michel Maffesoli, définition de la postmodernité

ARCHAÏSME : subst. Masc. [En parlant d’un obj., d’un site] Caractère d’ancienneté. Air, caractère, note d’archaïsme. (Trésor de la langue française)

MODERNITÉ : subst. Fém. Domaine des arts. Ensemble des caractères exprimant les goûts, les tendances de l’époque moderne, et qui se manifestent dans l’œuvre d’un écrivain, d’un artiste. (Trésor de la langue française)

 Selon Michel Maffesoli, la postmodernité consiste à la création de nouveaux projets sur des concepts anciens : en effet, les nouveaux projets, dont celui Rive Gauche, ont pour objectif de rendre le quartier plus agréable à vivre. Ceci est un désir archaïque : c’est ce besoin de vivre bien dans son environnement qui guident tous les projets d’urbanisme depuis la nuit des temps. C’est donc le concept de « vivre bien » qui évolue au fil des années en fonction des nouvelles technologies et découvertes scientifiques. Michel Maffesoli conclut par le fait qu’aujourd’hui, « vivre bien » consiste à développer la vie de quartier, à revenir à des organisations de taille plus réduite et de ce fait plus humaine. 

Quelques points concrets pour illustrer ce principe :

 La création d’un lieu de vie sociale :

De tous temps, au travers des différentes civilisations, on retrouve des lieux propices à l’échange et nécessaire au bon fonctionnement d’une société. L’exemple le plus parlant est certainement l’agora propre aux grecques. La principale mission de la SEMAPA est de créer un lieu d’échange où chacun trouvera sa place. Pour se faire il a tout d’abord fallu créer des logements, dit de mixité, adaptés aux familles nombreuses mais aussi aux étudiants ou encore aux retraités. La mise en valeur des berges permettra à chacun de se retrouver sur une grande promenade, tout comme le réaménagement de la ligne ferroviaire.

DSCF5607

Cette même ligne ferroviaire, transformé en lacet vert, permettra de rejoindre d’autres quartier du 13ème et, également grâce à la prolongation de différentes lignes de bus, ouvrira Rive Gauche aux habitants vivants à proximité. Enfin des évènements se passant à l’Université Paris 7, tel que dernièrement le Bal Lumière ouvert à tous, permettra au quartier de profiter de la richesse culturelle dispensée entre les batiments des Grands Moulins et de la Halle aux Farines.

Retour à la nature pour un « pittoresque moderne » :

Toujours dans une idée de partage d’espace, une déstructuration des bâtiments a été opéré. Comme l’explique le schéma suivant, la structure des bâtiments a évolué avec le temps. 

54

Rive Gauche, et l’architecte Christian de Portzamparc, opte pour la création « d’ilots ouverts » en ouvrant les blocs d’immeubles ( comme à l’époque des premières constructions) tout en les organisant. Ainsi en se promenant dans les rues, les habitants découvrent des cours d’intérieurs et des parcs, et peuvent inventer de nouveaux cheminements à chaque visite de leur quartier. D’où l’idée d’un « pittoresque moderne ».

L’art au secours du développement durable :

DSCF5619

A l’occasion de « la semaine du développement durable 2011 » de bien étranges sculptures ont pris place dans le parc des Grands Moulins. Dans un soucis de survie des espèces, la Mairie du 13ème a demandé à deux designer, Quentin Vaulot et Goliath Dyèvre, de créer des hôtels à insectes. Ces structures de bois permettent d’optimiser la présence des insectes (abeilles, coccinelles etc..) dans des écosystèmes et d’en améliorer la pollinisation et la biodiversité. Les deux artistes se sont inspirés de l’univers du dessinateur de manga Hayao Miazaki mais également de l’environnement urbain de Rive Gauche en créant de petits îlots de maison à l’échelle des insectes. L’homme respect ici le cycle de la nature en tentant de réparer les dégâts effectués par sa colonisation du territoire.  

DSCF5617


 Comme le dit Michel Maffesoli « Il n’est, certes, pas toujours bien délicat de « touiller » dans les marmites du futur. ». Mais le projet Rive Gauche est un véritable pari sur l’avenir. Il utilise le passé, en récupérant ce qui est toujours positif, le présent, avec les nouvelles technologies, en tentant de prévoir le futur, en voyant sur le long terme. Un vision en trois dimension pour porter à bout de bras une seule inquiétude : le bien être de la planète et de chacun des êtres qui y vivent. 

Sources :

 

Le site de la Mairie du 13ème : http://www.mairie13.paris.fr
Le site de Mr Jérôme Coumet : http://coumetj.typepad.fr/
Le site de Christian De Portzamparc : http://www.chdeportzamparc.com/
Le site pour suivre les avancés des travaux: http://www.parisrivegauche.com/
PLU ( Plan Local d’Urbanisme)
« La consultation Massena. Projets d’urbanisme pour un nouveau quartier de Paris » 
P.Maurer, A.Werquin , A.Pélissier
 

Crédits photo : Norethrud. 
Avec l’aimable participation de Véronique Duruisseau, élève de l’Ecole d’Architecture Paris Val de Seine.  

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Quand je prends la plume...

Les commentaires sont fermés.