Gemma Bovery, Posy Simmonds: aux origines du roman grahique.

Bonne résolution numéros 2: Lire les grands classiques du roman graphique.

Gemma Bovery,
de Posy Simmonds

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Paru en 2000, Gemma Bovery marque le genre  du roman graphique. Son auteur, Posy Simmonds, a débuté sa carrière au sein de différents journaux et dans l’illustration de livres pour enfant.  A l’age de  32 ans, elle s’oriente définitivement dans la bande dessinée pour adulte avec pour particularité de s’inspirer des grands classiques de la littérature.

« Gemma Bovery » s’inspire du très célèbre « Madame Bovary » de Gustave Flaubert. Si j’adore cet auteur, j’ai une profonde répulsion pour son personnage. Autrement dit, me lancer dans la lecture d’un « Madame Bovary like » sans Flaubert était l’équivalent de porter des collants sans la jolie robe qui va avec: ça risquait de gratter un peu pour pas grand chose. Mais j’avais repéré le livre de Posy Simmonds dès sa sortie en 2000, comme je vous l’expliquais ici, et j’étais très intrigué par cette transposition. Sa réédition en 2012 – et une carte cadeau de la part de mes collègues – m’a permis de mettre enfin la main dessus.

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Comme dans le roman d’origine, nous retrouvons la vision du personnage féminin sur la tragédie que nous allons redécouvrir au fil des pages. Elle nous est donnée au travers de la lecture de son journal intime par son voisin Joubert.   Le personnage de Gemma est tout de même plus débrouillarde et réfléchie que l’Emma du 19e. Elle n’est pas passive face à sa situation et ses désirs ne se borne pas à une bonne situation. J’entends ma professeur de Méthode, désormais parti vivre sa retraite dans le sud de la France, me susurrer qu’elle est peut être tout  simplement plus « moderne » que son homonyme « Flaubertien ». Et qu’il me faudrait être moins intransigeante avec ce pauvre personnage…  même si elle n’en pensait pas moins que moi !
Finalement, la vraie Emma Bovary, le vrai personnage à la Flaubert, c’est Joubert !  Cet ancien éditeur venu se mettre au vert avec sa famille en Normandie à tout du caractère de l’héroïne d’origine. Amateur de belles lettres, il a une propention à réinventer ce qu’il se passe tout autour de lui… en plus de sa légère tendance à espionner les gens et à vivre leur vie par procuration. Pour le coup, ce personnage est loin des clichés de la femme mièvre.  Lettré mais un peu pataud, c’est un peu une jolie fleur dans une peau de vache: Posy Simmonds prend le personnage a retord ce qui fait tout le charme du livre.

Si  cette oeuvre ne fera définitivement – pardon my Bovary -  pas parti de mes romans graphiques préférés, il a le mérite de m’avoir fait passer un bon moment. Le dessin est très agréable, le texte est soigné, et la mise en page est plutôt original. Nous sommes vraiment au croisement de la bande dessinée et du roman illustré. Je le conseille à tous notament à ceux qui hésite à passer du roman à la BD.

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