A la faveur de ma plume: The chain.

Pour une fois je vous explique le concepte de l’exercice avant que vous ne lisiez le texte :) Il s’agit donc de l’exercice 7 de notre atelier d’écriture « Diderophilement écrit ». Pupure a eu l’idée de nous proposer un exercice en rapport avec la musique en nous demandant de produire une SongFiction. Pas trop de règle pour cette exercice: le texte devit s’inspirer d’une chanson, en porter le titre ou encore en inclure les paroles. Bref, tout ce que l’on pouvait construire autour d’une chanson que nous aurions choisi. Chacun choisi sa chanson et ses contrainte. J’ai choisi « The Chain » de Fleetwood Mac et reprise plus tard par Taking Dawn. je vous conseille d’écouter la version original puisque mon texte se passe entre 1969 et 1976. Bonne lecture!

The chain.

Il claqua la porte de cette appartement qui ne serait plus jamais le sien. En s’asseyant au volant de son vanne, ses yeux tombèrent sur la fenêtre de Deborah. Sa silhouette se découpait en une élegante ombre chinoise… Elle alluma une cigarette et resta-là, debout, une main sur la tempe. Est ce qu’elle pleurait ? Ian sentait son cerveau bourdonner. Il démarra et alluma la radio. Fleetwood Mac et sa basse magique… Leur nouveau titre… quelle ironie. Dans un crissement de pneu énervé, il s’enfonça dans la nuit noire« Run in the shadows…». Son esprit luttait contre l’envie de faire demi-tour. Son sourire, ses lèvres, ses cheveux, son souffle, ses jambes, son ventre, ses seins… Il ne pouvait s’empêcher d’y penser, de la voir. Des images, comme des polaroids infernaux, infestaient son esprit… Il était réellement fou de douleur. «  I can still hear you saying, you would never break the chain ». Il ne pouvait y croire. Elle le laissait. Sans raison, juste ainsi. 7 ans qu’ils s’aimaient d’un amour sans condition, né au contact d’un timbre de lsd partagé du bout de la langue sur les terres de Bethel… « Damn your love, damn your lies ». Ils avaient 20 ans. Chacun venant d’univers différents, de coins différents… Ils étaient deux jeunes oiseaux déplumés à la recherche de chaleur humaine. La tête de Ian était lourde de l’herbe qu’il venait de fumer. Il voulait la gouter encore sur ces lèvres, une dernière fois… elle avait refusé, le repoussant comme s’il était un inconnu. « Keep us together ». Les souvenirs se bousculaient, tous présents comme pour ne pas le laisser oublier, dans un désordre temporel complet, comme pour ne pas lui laisser de répis, comme de toutes petites personnes lui martelant le coeur. Que sa tête était lourde. Il voyait les lumières de leur premier soir. Ces longs cheveux effleurant le haut de ses fesses serrés dans un jeans. Du orange, du bleu, du vert. Du vert. Ses grands yeux clairs et son sourire gourmand… Gourmand des gens, de la musique, de la nature qui les entourait… de toute cette vie ! « Listen to the wind blow, down come the night »… Il épluchait des légumes dans un petit barraquement près duquel quelques musiciens s’étaient réunis. Elle était venue proposer son aide. Ses petits mains fines plongeant les légumes dans l’eau, sa façon de humer la soupe avant de la boire, leur main s’égarant rapidement sous les couvertures, ce petit bout de buvard sorti de nul part les soudant l’un à l’autre pour la nuit, pour le festival, pour la vie «  I can still hear you saying, you would never break the chain ». Ils étaient restés pour aider à reconstruire les champs dévastés. Puis ils étaient partis ensemble sur les routes. Ils étaient leur propre famille. Gagnant assez d’argent en rendant de menus services pour aller toujours plus loin. Ils étaient ensemble, ils étaient d’accord, ils étaient heureux «  I can still hear you saying, you would never break the chain , Listen to the wind blow, down comes the nigth »… Trois ans plus tard, ils avaient trouvé un endroit qui leur parlait pour s’installer. Repartir ? Un jour. Besoin d’autre chose, ils se comprenaient… Le vent sifflait aux oreilles de Ian, ses yeux s’embrouillèrent… les images de Deborah semblaient se tordre et s’étirer dans son cerveau, jusqu’au moindre recoint. tout ça l’empechait de réfléchir… Et ses yeux qui ne répondaient plus et cette basse vibrant à ses oreilles et le son strident de la guitare « keep us together ». Elle avait juste dit « c’est fini »… Il n’y avait personne d’autre. Rien à reprocher… « never break the chain… » La vitesse, les lumières, oh sa tête, les lumières, elle, son sourire, son sourire «  never break the chain » ! Ian le savait, il partait. Sa tête était déjà ailleurs et ses yeux n’étaient plus que deux lacs qui ne reflètaient plus rien…son âme était morte déjà. Il aurait préféré avoir un timbre, un petit buvard de couleur, pour sentir une dernière fois toutes cette chaleur «  damn the dark, damn the light »… En finir comme tout avait commencé «  If you don’t love me now, you will never love me again », un dernier buvard pour embrasser la grande et dernière aventure… mais il n’y avait déjà plus qu’un corps lorsque le vieux vanne percuta la nuit.

 

« Run in to the shadow… »

 

J’encre le monde et j’entraine avec moi:
Pupure la Licorne.
AnatolePhrance. 
Marguerite. 

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